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Le blog de Pierre HAMMADI


Marseille : un enseignant juif agressé à la machette

Publié par PIERRE HAMMADI sur 12 Janvier 2016, 14:36pm

L'enseignant juif agressé à la machette par un lycéen, lundi matin à Marseille (Bouches-du-Rhône), s'est confié par téléphone au quotidien La Provence, qui publie cet entretien ce mardi.

"Je lui disais d'arrêter de me frapper mais il continuait et je ne pensais pas m'en sortir vivant", déclare-t-il. "Honnêtement, je ne sais pas comment je vais me relever de cette terrible agression", ajoute le professeur, prénommé Benjamin, qui reconnaît "devoir réfléchir" à l'éventualité de cesser de porter la kippa et déclare ne ressentir "aucune colère, mais de la peur et de l'appréhension quant à l'avenir".

L'avocat de cet enseignant de 35 ans, Me Fabrice Labi, a pour sa part rapporté mardi à l'AFP que son client lui avait dit: "J'ai eu le sentiment qu'il voulait me décapiter"(...). Selon le témoignage du professeur, son agresseur visait spécifiquement sa tête avec sa machette, a poursuivi Me Labi. L'enseignant a décrit à son conseil la "déferlante de coups" et le "passage à tabac" qu'il a subis. Il s'est notamment protégé avec la Torah qu'il portait sur lui, a ajouté son avocat, confirmant une information déjà donnée par le procureur Brice Robin. Il a besoin aujourd'hui d'un peu de recul et de se retrouver en famille", a jugé son avocat, évoquant un "traumatisme psychologique qu'on peut aisément comprendre".

L'enseignant a été hospitalisé lundi au cours de la journée, mais a pu retourner chez lui dans la soirée. "Ses blessures sont plus importantes qu'on a pu le croire dans un premier temps", a poursuivi Me Labi.

La garde à vue de son agresseur présumé a été prolongée mardi de 24 heures, a-t-on appris de source judiciaire. La garde à vue ne pourra être encore prolongée puisque dans le cas d'un mineur elle ne peut excéder 48 heures.

Une enquête a été ouverte à Marseille "des chefs de tentative d'assassinat aggravé en raison d'une appartenance religieuse" et d'"apologie du terrorisme". Le parquet antiterroriste de Paris a également été saisi.

L'adolescent, un lycéen turc d'origine kurde qui aura 16 ans dans les prochains jours, inconnu des services de renseignement, sans antécédents judiciaires ni psychiatriques, a affirmé lors de son interpellation avoir agi "au nom d'Allah" et du groupe État islamique (Daech).

Les enquêteurs établissent petit à petit le profil de ce garçon de nationalité turque et d'origine kurde, né en 2000. Il n'est ni connu de la justice ni des services de renseignement. Sa radicalisation est passée inaperçue aussi bien auprès de sa famille que de son établissement scolaire.

Il est lycéen en seconde en vue de préparer un Bac professionnel. "Ses parents, tous les deux d'origine kurde, n'ont jamais relevé la moindre difficulté chez lui et disent ignorer tout de son acte.Le bulletin scolaire découvert dans le sac qu'il portait au moment de l'attaque prouve que c'est un "bon élève" sans histoires.

Et pourtant, les motivations terroriste et antisémite du suspect ne font plus aucun doute. Lors de sa garde à vue, il a justifié son acte par la haine des juifs. "Il est très fier ce qu'il a fait et regrette de n'avoir pas tué sa victime" explique la source judiciaire. Il a également indiqué qu'il comptait s'en prendre aux policiers, qui "gardent les juifs". Un couteau en céramique a été retrouvé sur lui.

Les policiers ont saisi deux ordinateurs à son domicile. La première exploitation n'a rien donné. En revanche, l'analyse de son téléphone a mis en évidence la consultation de sites liés à l'islam radical. Ce qui semble appuyer les propos du procureur de Marseille tenus lundi et selon lesquels il s'est radicalisé sur Internet, tout seul.

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